Le mystère des alphabets du monde

Pénétrons ensemble le monde merveilleux et fascinant des alphabets du monde … Qui n’a pas rêvé un jour dans son enfance de posséder un vrai « code secret » comme mode de communication privé et exclusif, comme le morse ou le sémaphore ? Car, le savais-tu, tous les alphabets ne sont pas forcément écrits …

Entourés de l’aura mystérieuse de l’exotisme, les alphabets du monde fascinent à plus d’un titre les esprits. En plus d’être des merveilles d’esthétisme, ils cachent des secrets incroyables quant à leurs fonctionnements et utilisations si différents selon les langues…

Voici un petit tour d’horizon en images des 42 alphabets différents recensés à ce jour.

1 L’alphabet dactylologique

2 L’alphabet sémaphore

3 L’alphabet radio, ou militaire

4 L’alphabet de l’esperanto

5 Le Hangul, l’alphabet coréen

6 L’alphabet N’ko

7 L’alphabet bopomofo

8 L’alphabet arabe

9 L’alphabet araméen

10 L’alphabet arménien

11 L’alphabet avestique

12 L’alphabet braille

13 L’alphabet carien

14 L’alphabet copte

15 L’alphabet cyrillique

16 L’alphabet égyptien

17 L’alphabet géorgien

18 L’alphabet glagotique

19 L’alphabet gotique

20 L’alphabet grec

21 L’alphabet guèze

22 L’alphabet hébreu

23 L’alphabet japonais

24 L’alphabet latin

25 L’alphabet linéaire

26 L’alphabet mandéen

27 L’alphabet morse

28 L’alphabet russe

29 L’alphabet Khmer

30 L’alphabet Nubien

31 L’alphabet de l’Orkhon

32 L’alphabet nabatéen

33 L’alphabet Ougaritique

34 L’alphabet phonétique international

35 L’alphabet phénicien

36 L’alphabet runique

37 L’alphabet perso-arabe

38 L’alphabet syriaque

39 L’alphabet manuscrit de Voynich

40 L’alphabet tifinagh

41 L’écriture Pehlevi

42 L’alphasyllabaire thaï

1 L’alphabet dactylologique

Il a été créé au 16ème siècle pour coder des lettres en langue des signes.

La langue des signes est un système de communication mis en place par les sourds et les malentendants pour communiquer entre eux, mais aussi avec le monde des entendants. Il s’agit d’un langage visuel qui fonctionne comme une langue à part entière, avec son alphabet, son lexique et sa syntaxe. La langue des signes permet d’exprimer des mots, mais il peut arriver qu’on ait besoin d’utiliser l’alphabet des signes (l’alphabet dactylologique ) pour épeler un mot qui n’a pas son signe propre en langue des signes ou qui n’est pas bien compris par un des interlocuteur.

Puisqu’il n’existe pas qu’une seule langue des signes, il y a aussi plusieurs alphabets dactylologiques différents : un pour chaque langue des signes.

2 L’alphabet sémaphore

C’est un alphabet qui n’est pas écrit mais visuel, très utilisé dans la marine. On utilise pour communiquer de petits drapeaux bicolores, rouge et blanc. Il y a une série de gestes simples à connaître pour maîtriser l’alphabet sémaphore qui permet de coder toutes les lettres de l’alphabet mais aussi les chiffres. Certains gestes peuvent faire office à la fois de lettres ou de chiffres. Pour faciliter la compréhension il convient de préciser par une signalisation à faire à l’avance si le signal est une « transmission de chiffres » ou une « transmission de lettres ».

Il existe un protocole précis d’utilisation de l’alphabet sémaphore :

  • Tout message doit être annoncé par un signal « Attention ».
  • Le receveur doit répondre par une « Invitation à transmettre », c’est-à-dire un K, pour indiquer qu’il est prêt à recevoir le message.
  • Chaque mot doit être séparé par un espace (les drapeaux devant, le long des jambes)
  • A chaque mot transmis le récepteur doit indiquer s’il a compris (C pour « correct ») ou non (I-M-I pour « erreur »)
  • Si l’émetteur se rend compte qu’il a commis une erreur lors de la transmission d’un mot, il doit le signaler par un signal d’erreur (huit E consécutifs), avant de reprendre le codage du mot en question.
  • L’émetteur doit terminer son message avec un A-R (Accusé de réception)
  • Le destinataire doit répondre par un R pour signifier « Reçu »

3 L’alphabet radio, ou militaire

Avec l’apparition de la radiotéléphonie il n’était pas toujours possible d’obtenir des communication radio de très bonne qualité : souvent les transmissions souffraient de parasites et d’interférences qui rendaient le message difficile à comprendre, d’autant plus que certains sons étant très proches comme le M et le N, ou bien le A et le K par exemple, les confusions étaient fréquentes.

Pour pallier à ce problème il a été nécessaire de créer un alphabet audio permettant d’épeler les mots de façon très claire et sans ambigüité aucune. C’est ainsi qu’est né l’alphabet radio.

Il n’était alors plus question d’épeler les mots tels qu’ils s’écrivaient, mais d’utiliser le code fourni par cet alphabet. Pour exemple pour coder mon prénom il ne faut plus dire I-N-G-R-I-D, mais India November Golg Romeo India Delta, la prononciation de base étant la prononciation anglophone.

Les chiffres quant à eux s’énumèrent normalement et les nombres doivent être communiqués chiffre par chiffre.

4 L’alphabet de l’esperanto

C’est un alphabet de 28 lettres qui est issu de l’alphabet latin.  Il est très facile à reconnaître car il reprend presque à l’identique les lettres de l’alphabet phonétique international auxquelles on a ajouté le ĉ, le ĝ, le ĥ, le ĵ, le ŝ et le ŭ qui n’y figurent pas. Il peut s’écrire en majuscules ou en minuscules.

Il y a quelques règles très simples à retenir quant à sa prononciation :

  • Chaque lettre a toujours le même son.
  • Chaque son est toujours associé à une seule et même lettre.
  • Il y a une syllabe pour chaque voyelle et réciproquement
  • Lorsqu’un mot a plusieurs voyelles, l’accent tonique doit être sur l’avant-dernière syllabe ; cette dernière doit donc se prononcer un peu plus fort
  • Toutes les lettres se prononcent : il n’existe pas de lettres muettes.
  • Pour nommer les consonnes il faut ajouter un « o », ça donne par exemple bo, co, fo, jo … et pour nommer les voyelles, il suffit simplement de les prononcer.

5 Le Hangul, l’alphabet coréen

Le Han’gŭl (communément écrit hangul) est un alphabet qui nous vient de Corée. Il compte 40 lettres : 14 consonnes, 10 voyelles, 5 consonnes doubles et 11 voyelles composées.

Il a été inventé par le roi Sejong le Grand vers 1443 dans le but de combattre l’illettrisme. C’est un véritable alphabet qui code des lettres et il a remplacé les idéogrammes chinois, codant des mots, utilisés jusqu’alors.

Le Hangul est très important en Corée, au point que le 9 octobre est célébré comme fête nationale en tant que « jour du Hangul ». D’ailleurs le terme Hangul signifie « syllabe écrite ».

En coréen chaque mot est donc composé de syllabes et chaque syllabe est composée de lettres. Chaque syllabe doit comporter au moins une consonne initiale (et parfois finale) et une voyelle.

Les caractères utilisés pour l’écriture hangul s’inscrivent dans de petits carrés virtuels. 

6 L’alphabet N’ko

Le n’ko est une écriture qui provient d’Afrique occidentale. Il a été inventé pour permettre aux africains parlant la langue malinké de disposer d’une écriture bien à eux qui transcrive de façon plus adaptée leur langue orale, ce que ne permettaient pas de faire ni les alphabets latin ou arabe. N’ko signifie littéralement « Je dis » dans les langues mandées.

Le N’ko a d’abord été utilisé en Guinée, mais il s’est étendu aujourd’hui à d’autre pays comme le Sénégal, le Mali et la Côte d’Ivoire. Il s’écrit de droite à gauche et ressemble beaucoup visuellement aux caractères de l’alphabet arabe. L’alphabet N’ko comprend 27 lettres : 7 voyelles et 20 consonnes.

7 L’alphabet bopomofo

C’est un alphabet qui nous vient tout droit de Chine et qui a été de 1918 à 1958 utilisé pour la transcription du mandarin. Il s’appelle traditionnellement Zhuyin. Aujourd’hui il a été remplacé par le Pinyin, mais il subsiste à Taïwan à des fins pédagogiques : il sert de base d’écriture à la saisie sur les claviers taïwanais. Il s’agit d’un alphabet entièrement phonétique, composé de 37 phonèmes et 4 marques de tonalité : on note exactement ce que l’on entend.

8 L’alphabet arabe

L’alphabet arabe est un alphabet très célèbre dont l’utilisation s’est généralisée du fait de l’influence de l’islam. Il est utilisé dans la langue arabe mais sert également de base pour de nombreuses autres langues comme le persan, le swahili, le sindhi, le kurde ou l’haoussa.

L’alphabet arabe, qui comporte 28 lettres, est très remarquable pour plusieurs points :

  • Il est l’un des rares, avec l’hébreu, à se lire de droite à gauche.
  • Il ne connaît ni majuscules, ni minuscules.
  • Il privilégie les consonnes, les voyelles n’étant pas notées.
  • Ses lettres s’écrivent de façons différentes selon qu’elles se trouvent au début, au milieu ou à la fin du mot.
  • Il existe des lettres qui ne s’attachent jamais aux suivantes, même au milieu des mots, ce qui fait qu’elles sont séparées par de petits espaces (pas plus longs toutefois que l’espace entre les mots eux-mêmes)

9 L’alphabet araméen

C’est un alphabet très ancien né au 4ème siècle avant Jésus Christ qui découle de l’alphabet phénicien. Avec le temps l’alphabet araméen s’est façonné son propre système d’écriture, jugé alors plus pratique que le phénicien dont il a alors remplacé par ses propres lettres le système cunéiforme ancestral. C’est un alphabet de type Abjad, c’est-à-dire qu’il privilégie la notation des consonnes et ne comporte aucune voyelle.

Apparenté aux hiéroglyphes égyptiens, il a donné naissance à de nombreux alphabets du Moyen-Orient que nous connaissons encore aujourd’hui, comme l’hébreu, le mandéen ou le syriaque.

C’est un alphabet qui se lit de droite à gauche et de haut en bas.

10 L’alphabet arménien

L’alphabet arménien est un des plus anciens alphabets encore utilisés aujourd’hui. Il a été inventé en 405 par un moine arménien, Mesrop Machtots.

Comme de nombreux autres alphabets il s’écrit de gauche à droite. Il comporte 38 lettres : 32 consonnes et 6 voyelles. Pour la petite histoire, c’est la Bible qui a été le premier écrit traduit en arménien, cette traduction est donc probablement très proche de la perfection.

C’est un alphabet très précis phonétiquement : chaque lettre a un usage unique et toutes les voyelles sont notées. Il admet les majuscules et les minuscules et dérive de l’alphabet grec au niveau de sa structure, mais a un graphisme bien différent plus proche des caractères perses.

L’arménien est une langue certes très ancienne, mais encore bel et bien vivante et parlée aujourd’hui par au moins 6 millions de locuteurs.

11 L’alphabet avestique

Peu de gens connaisse l’alphabet avestique. Et pour cause ! Autrefois appelé zend, l’alphabet avestique est un alphabet utilisé autrefois dans le monde iranien comme base pour la langue avestique, langue dans laquelle les textes religieux de la Perse ont été écrits. Elle était utilisée entre le deuxième millénaire avant JC jusqu’au 7ème siècle après JC dans sa version plus récente.

Il s’agit d’un alphabet très rigoureux qui s’écrivait avec des caractères cunéiformes et s’écrivait de droite à gauche. Il comportait un très grand nombre de voyelles : 13 au total.

L’alphabet avestique a disparu au 7ème siècle, lorsque la Perse s’est convertie à l’islam, pour être replacé par l’alphabet arabe.

12 L’alphabet braille

C’est une méthode d’écriture inventée pour les aveugles. Elle se présente en relief, avec des points saillants, dont le toucher aux doigts permet de deviner les lettres.  C’est Louis Braille, lui-même devenu aveugle vers 3 ans, qui a inventé cet alphabet en 1825 à l’âge de 16 ans.

Cet alphabet transcrit des sons grâce à une grille de 6 points positionnés de différentes façons, en relief. Ce système permet de représenter 63 caractères et même de coder des langues différentes, y compris les mathématiques et la musique.

13 L’alphabet carien

En réalité on sait très peu de choses sur l’alphabet carien et sa langue. Le carien, qui était une langue indo-européenne, était utilisé au 1er millénaire avant JC en Anatolie. Il nous reste aujourd’hui très peu de documents permettant de bien la connaître, ce qui en fait une des langues donnant le plus de fil à retordre aux savants, d’autant plus qu’elle présente certaines particularités assez paradoxales.

Voici ce qu’on sait :

  • L’alphabet carien présente de nombreuses similitudes avec l’alphabet grec, mais bizarrement les symboles grecs utilisés sont rattachés à des valeurs phonétiques complètement différentes. Un vrai paradoxe !
  • L’écriture carienne peut se lire de droite à gauche, comme de gauche à droite.
  • L’alphabet carien comporterait une trentaine de signes.
  • Il s’agirait d’un un système mixte qui tient aussi bien du syllabique que de l’alphabétique.
  • C’est un système d’écriture qui ne sépare pas les mots.

Mystérieux cet alphabet … n’est-ce pas ?

14 L’alphabet copte

La langue copte est le successeur de l’écriture hiéroglyphique et elle a surtout servi à écrire les textes chrétiens. Son alphabet est très proche de l’alphabet grec, mais comporte 7 lettres supplémentaires aux 24 que compte le grec. Ces 7 signes sont issus du démotique, une écriture d’origine hiéroglyphique. 

Le copte diffère du grec en termes de phonèmes. Par ailleurs il est intéressant de savoir que les lettres de l’alphabet copte peuvent également servir en tant que nombres.

15 L’alphabet cyrillique

L’alphabet cyrillique permet de noter plusieurs langues slaves comme le russe, le serbe, le bulgare, l’ukrainien et même des langues indo iraniennes, turques ou mongoles. Cet alphabet est né en Bulgarie, à peu près à la fin du 4ème siècle. C’est un alphabet qui est composé de 30 lettres.  C’est à deux frères, Saint Cyrille et Saint Méthode que l’on doit l’existence de l’alphabet cyrillique. En effet, partis évangéliser les peuples en Europe de l’Est, les deux frères ont jugé bon de créer l’alphabet slavon (à la base de l’alphabet cyrillique) en vue de véhiculer leur religion et de se faire plus rapidement comprendre.

C’est un alphabet qui comporte des majuscules et des minuscules et qui connaît quelques variantes selon les langues qui l’utilisent. A titre d’exemple, l’alphabet cyrillique serbe compte 30 lettres ; il en est également ainsi de l’alphabet cyrillique bulgare. Quant à l’alphabet cyrillique ukrainien, tout comme l’alphabet contemporain russe, il compte 33 lettres.

16 L’alphabet égyptien

L’alphabet Égyptien est l’un des alphabets le plus original et le plus ancien qui soit. Petit tour d’horizon…

Cette écriture est née à la fin du 4ème millénaire avant Jésus-Christ. Elle a ensuite été utilisée pendant plus de 3000 ans, avant de se perdre aux environs du 4ème siècle. Il s’agit d’un alphabet qui utilise en guise de lettres des représentations symboliques datant de l’Egypte antique. Ainsi, figures humaines, dessins d’animaux, images de plantes ou de dieux, etc, tels seront le type de caractères utilisés dans l’écriture égyptienne.

L’écriture hiéroglyphe comporte 24 signes et fonctionne principalement selon le principe de rébus !

Ainsi il existe trois types de signes :

  • Les idéogrammes : ce sont des « signes-mots » associés aux objets ou aux actions
  • Les phonogrammes : ce sont des signes phonétiques pour indiquer les consonnes.
  • Les déterminatifs : ce sont des signes muets qui servent à faciliter la lecture en indiquant le champ lexical du mot en question. En écriture égyptienne, un seul caractère peut donc avoir plusieurs significations.

17 L’alphabet géorgien

Le géorgien est une langue originale qui ne peut être rattachée à aucun grand groupe linguistique. Son alphabet a été inventé par le premier roi du pays au 3ème siècle. Il comprend 33 lettres dont 28 consonnes et 5 voyelles. C’est un alphabet magnifique à regarder avec beaucoup de formes très arrondies. Toutes les lettres se prononcent.

18 L’alphabet glagolitique

C’est l’ancêtre de l’alphabet cyrillique ! Il s’agit d’un alphabet qui a été inventé au 9ème siècle par deux frères, Cyrille et Méthode, qui avaient pour mission d’évangéliser le peuple slave dans les Balkans. Pour ce faire ils devaient transcrire le vieux slave et ont eu besoin pour cela de créer un nouvel alphabet, plus adapté. C’est le grec cursif qui a servi de base pour donner naissance à l’alphabet glagolitique.

Avec le nouvel alphabet, Cyrille créa pratiquement une nouvelle langue. Car la traduction des textes liturgiques exigea d’inventer un certain nombre de concepts abstraits, expressions et tournures syntaxiques n’existant pas dans le dialecte bulgare qui lui servait de base. Cette nouvelle langue écrite s’appelle Slavon d’Église (Церковнославянский).

Après la mort des deux frères, le pape décida d’interdire le slavon, mais l’œuvre de Cyrille et Méthode fut poursuivie par leurs disciples qui modifièrent au fil du temps l’apparence des lettres de l’écriture grecque byzantine d’origine et baptisèrent la nouvelle version du nom de son créateur : alphabet cyrillique.

19 L’alphabet gotique

L’alphabet gotique est un alphabet qu’il convient de ne pas confondre avec « l’écriture gothique ». Cet alphabet sert à transcrire la langue gotique, une langue germanique parlée au moyen-âge par les Goth (dont les Ostrogoths à l’Est et les Wisigoths à l’Ouest). Il n’a été réellement utilisé qu’au 4ème siècle. Le gotique n’existe plus aujourd’hui mais il reste néanmoins intéressant à étudier car c’est la plus ancienne langue germanique attestée.

Dans l’alphabet gotique il n’y a pas de différence entre majuscules et minuscules et les lettres ont aussi une valeur numérale. Il est issu de l’onciale grecque mais ne comporte pas que des caractères grecs. Il présente aussi quelques caractères latins et 5 caractères en runes germaniques.

20 L’alphabet grec

C’est un alphabet antérieur à l’alphabet latin et à l’alphabet cyrillique. A la base, l’alphabet grec servait initialement à écrire plusieurs langues. Aujourd’hui, il ne sert principalement que pour le grec ancien et pour le grec moderne. Né au 8ème siècle, l’alphabet grec a été modelé sur la base de l’alphabet phénicien. Aussi, par rapport à cette langue sémitique qu’est le phénicien, l’alphabet grec apportait la particularité de noter les voyelles. Cet alphabet est donc constitué de 17 consonnes et de 7 voyelles, soient 24 lettres en tout dont les fameux alphas, bêta et gamma qui en sont les trois premières lettres.

Ainsi, comme vous pouvez le deviner, dans les temps anciens l’alphabet grec servait également à noter les nombres. Certains de ces caractères servent donc régulièrement en mathématiques ou en physique ; c’est le cas de la lettre π (« pi ») par exemple. La popularité des lettres de l’alphabet grec ne s’arrête toutefois pas là. En effet, les lettres de cet alphabet sont utilisées de diverses autres manières comme pour nommer des étoiles, des fraternités ou des sonorités.

L’alphabet grec a un caractère historique très important car c’est le premier alphabet à avoir été utilisé pour écrire une lague indoeuropéenne.

Il a beaucoup évolué avec le temps. Ainsi certaines lettres on aujourd’hui disparu alors que le système de majuscules et minuscules s’est imposé. Pareillement, le grec s’écrit aujourd’hui de gauche à droit alors qu’à l’origine il changeait alternativement de sens, ligne après ligne.

21 L’alphabet guèze

Le Guèze occupait une place importante en Ethiopie et en Erythrée. C’était une langue sud-sémitique dont l’alphabet est né au 5ème siècle avant J.C. et qui n’est plus parlée de nos jours. La langue écrite a toutefois été conservée pour tous les textes liturgiques. Son alphabet persiste encore de nos jours et est utilisé pour transcrire d’autres langues sémitiques.

A l’origine le guèze était un alphabet qui ne notait que les consonnes, 26 en tout. Puis il a évolué pour devenir un alphasyllabaire qui compte maintenant 35 signes consonantiques plus les syllabes. C’est-à-dire qu’il note à la fois des consonnes, mais aussi les syllabes comprenant ces consonnes avec leur voyelle indiquée sous forme de petits traits.

Ainsi puisqu’à 1 consonne, il est possible de combiner 7 voyelles, l’écriture guèze peut compter entre 182 et 245 caractères en fonction des langues.

Par ailleurs, si à l’origine l’écriture Guèze allait alternativement de droite à gauche puis, de gauche à droite, à présent, elle ne s’écrit plus que de droite à gauche.

22 L’alphabet hébreu

L’alphabet hébreu ou alphabet hébraïque est un alphabet très proche de l’écriture phénicienne.  Cet alphabet a été adopté par les hébreux vers 200 avant Jésus-Christ. Avec le temps, le style de l’alphabet hébreu s’est rapproché de celui de l’alphabet araméen. L’alphabet hébreu est également connu sous le nom d’alphabet carré ou d’hébreu carré. Vers 535, l’écriture hébreu avait en effet commencé par prendre de telles formes.  Notez aussi que l’alphabet hébreu est aussi alphabet juif. Très utilisé de nos jours, l’alphabet hébreu l’est principalement dans l’enseignement religieux.

C’est un alphabet consonantique. De plus, l’alphabet hébreu est un alphabet de 23 lettres dont les lignes vont de haut en bas et les caractères de droite à gauche. Il comporte des lettres à valeur numérique et 5 d’entre elles ont une forme finale lorsqu’elles sont utilisées en fin de mots.

23 L’alphabet japonais

Kanji
Hiragana
Katakana
Romaji

Avant le 5ème siècle on utilisait au Japon les caractères importés de Chine. Probablement à cause d’incompatibilités entre cette écriture et la langue japonaise, les Japonais ont ressenti le besoin de créer leur propre écriture.

C’est une écriture qui possède 4 types de graphies :

  • Les logogrammes « kanji » : ce sont des adaptations de caractères chinois qui permettent d’écrire tous les mots japonais. Ils sont au moins 1945 et peuvent se combiner entre eux.
  • Le syllabaire « kana » hiragana : comme le katakana, il a une valeur essentiellement phonétique et dénombre 46 sons. Il est très simple et est utilisé pour l’instruction à l’école primaire. Le hiragana est également utilisé pour écrire des mots dont la transcription phonétique n’existe pas en kanji.  
  • Le syllabaire « kana » katakana : ce système d’écriture japonais est utilisé principalement pour écrire les mots d’origine étrangère, ainsi que les noms des villes et des pays.
  • Le romaji :  utilise les caractères de l’alphabet latin et sert de différentes manières. Il peut par exemple permettre aux touristes de s’y retrouver une fois au Japon et a une aura qui fait chic, il est donc de plus en plus utilisé dans les sites touristiques.

24 L’alphabet latin

L’alphabet latin, ou alphabet romain, est un alphabet qui est né en Italie, vers le 6ème siècle avant Jésus-Christ. Dans le monde occidental, cet alphabet se partage avec l’alphabet cyrillique la majorité du système d’écriture. Plus de 39% de gens l’utilisent dans le monde. L’alphabet latin est dérivé de l’alphabet étrusque un alphabet qui s’est inspiré de l’alphabet grec. A la base, l’alphabet latin servait principalement pour transcrire le latin. C’est en outre un alphabet qui s’écrit de gauche à droite et qui comporte aussi bien des majuscules que des minuscules.

Il comptait à l’origine seulement 20 lettres ( A, B, C, D, E, F, G, H, I, L, M, N, O, P, Q, R, S, T, V, X) et 6 autres lettres ont été ajoutées ensuite.

L’alphabet latin servant à écrire de nombreuses langues, il en existe logiquement aussi de nombreuses variantes selon chacune des langues : des lettres supplémentaires, des signes diacritiques, etc … Ainsi dans les lettres particulières on trouve le ç en français, le ñ en espagnol, le ß en allemand, le ŀl en catalan, les ð, æ et þ en islandais.

25 L’alphabet linéaire

Très ancien, cet alphabet serait né entre l’an -2000 et l’an -1300. Il a ensuite existé jusque vers – 1050. C’est un alphabet issu des hiéroglyphes Egyptiens qui est composé de 23 signes distincts. Le site archéologique de Serābiṭ al-Khādim dans la péninsule de Sinaï a apporté de bonnes informations sur cet alphabet : les sons consonantiques étaient isolés et, pour ce faire, chacun de ces sons était représenté par des objets dont le nom commençait par ce son.  

En tant que premier alphabet, l’alphabet linéaire a donné naissance à d’autres alphabets dont l’alphabet phénicien qui est l’ancêtre de nombreux autres alphabets. L’alphabet linéaire s’est donc transmis de déformation en déformation. A titre d’exemple, après avoir inspiré l’alphabet phénicien, cet alphabet a été transmis à l’alphabet grec qui l’a filé à l’alphabet étrusque qui, à son tour, l’a transmis aux lettres romaines et ainsi de suite…

L’alphabet latin dont nous nous servons aujourd’hui n’est donc qu’un dérivé indirect de l’alphabet linéaire.

26 L’alphabet mandéen

L’alphabet mandéen est un alphabet qui ressemble beaucoup à l’alphabet arabe et dont les 22 premières lettres proviennent de l’alphabet araméen, mais qui a ses propres particularités. Il s’écrit de droit à gauche et sert à transcrire le mandéen, parlé au sud de la Mésopotamie. Les mandéens sont en outre un peuple qui allouent des propriétés magiques aux lettres de leurs alphabet. D’ailleurs, si l’alphabet mandéen comporte 24 lettres ce n’est pas par hasard. Ce nombre est en effet synonyme de chance pour les mandéens.

27 L’alphabet morse

Il s’agit d’un code qui a été inventé par l’Américain Samuel Morse en 1832. Il permet de transmettre un texte grâce à des impulsions courtes ou longues soit par des gestes, des signaux lumineux ou des signaux sonores.

Les caractères de l’alphabet morse sont des traits et des points. La combinaison unique des ces signes permet de représenter aussi bien des lettres que des chiffres et même des signes de ponctuation.

On peut retenir les règles suivantes :

  • Un trait dure 3 points.
  • Les caractères sont souvent séparés par un espace ou un slash.
  • Il existe 2 durées d’espacements.
  • Des séquences courtes sont utilisées pour les lettres fréquentes. C’est le cas du « e » qui est représenté par un point.
  • Les lettres autres que le « e » sont codés par 4 signaux au maximum ; les chiffres le sont par 5 signaux au maximum.
  • Les caractères les moins fréquents (symboles, signes de ponctuation…) sont codés par des séquences longues.
  • Un arbre de décodage sert parfois à faciliter le déchiffrage du code morse.

28 L’alphabet russe

L’alphabet russe est une des variantes de l’alphabet cyrillique.

Ses principales caractéristiques :

  • Composé de 33 lettres
  • Composé de 10 voyelles
  • Composé de 20 consonnes
  • Composé de 2 lettres qui n’ont pas de son : un signe mou et un signe dur
  • S’écrit en script (version imprimée) ou en cursive (écriture à la main)

La principale difficulté de cet alphabet est la phonétique, mais une fois ce petit obstacle dépassé la langue russe s’avère assez facile à apprendre dans le sens où son orthographe est simplifiée, la conjugaison est assez simple (il y a deux formes de temps, présent et passé, et quatre modes, indicatif, impératif, gérondif et participe), et il n’y a pas d’articles définis ni indéfinis.

29 L’alphabet Khmer

Le Khmer est la langue officielle du Cambodge et elle est transcrite par un alphasyllabaire du même nom., dont les plus anciennes traces nous viennent du sud de l’Inde, vers 611 avant JC. Il compte aujourd’hui 33 consonnes et 24 voyelles, mais ce n’est pas à proprement dit un alphabet.

A l’écrit, il y a des voyelles dites « dépendante » qui doivent toujours aller de pair avec une consonne. Dans la langue orale par contre, la langue utilise bien plus de voyelles que les caractères écrits existants. Pour parer à cela, il existe 2 séries (ou registres) de sons. Ces séries peuvent être « légères » ou « lourdes ».  Une voyelle peut donc produire des sons différents en fonction du registre auquel elle appartient.

L’écriture Khmer est une écriture qui s’écrit de gauche à droite. Les voyelles peuvent cependant être placées soit à gauche ou à droite, soit en haut ou en bas de la consonne à laquelle elles sont associées.  De même, dans cette écriture, les mots ne sont pas souvent séparés et il n’y a pas de distinctions entre les majuscules et les minuscules.

30 L’alphabet Nubien

L’ancien Nubien, ancêtre des langues nubiennes que nous connaissons aujourd’hui, est la seconde plus vieille langue subsaharienne. Elle est aujourd’hui éteinte mais a donné lieu à l’apparition de son écriture entre le 8ème et le 15ème siècle, qui comportait uniquement trois lettres qui lui étaient propres. Les autres lettres provenaient du grec oncial et de l’alphabet copte.

On dispose en réalité de très peu d’écrits concernant l’ancien nubien : à peine une centaine de textes, principalement chrétiens. On sait qu’il y a des cas où on dessine une ligne en haut de chaque lettre, qu’il existait des diphtongues et des consonnes doubles et qu’on ne marquait pas les tons.

Il n’y avait pas non plus d’articles ni de genres et le système de ponctuation était de trois types :

  • Des points hauts
  • Des barres
  • Des doubles barres

Voici une page de la traduction en ancien nubien du Liber Institutionis Michaelis Archangelis entre les ixe et xe siècles, trouvé à Qasr Ibrim.

31 L’alphabet de l’Orkhon

C’est le premier alphabet utilisé par les Turcs dès le 6ème siècle. Les plus vielles traces connues ont été retrouvées en Mongolie dans la vallée de l’Orkhon, une centaine d’inscriptions sur des obélisques datant d’entre 732 et 735 qui racontaient l’histoire des Turcs dans ses origines et son âge d’or. Il comporte 38 lettres : 34 symboles sont utilisés pour noter 21 consonnes et 4 symboles permettent de noter 9 voyelles.

Il faut remarquer que dans l’alphabet de l’Orkhon les traits droits sont prédominants, ce qui est logique si on considère que c’était une écriture usuellement inscrite dans des surfaces dures comme la pierre ou le bois rendant difficile l’utilisation des courbes. Il se lit de droite à gauche, mais parfois certaines inscriptions peuvent s’écrire avec une rotation de 90° et se lire de bas en haut.

32 L’alphabet nabatéen

L’alphabet nabatéen est un alphabet qui descend de l’alphabet araméen.  C’est un alphabet de type abjad ce qui signifie que l’utilisation des consonnes y est prédominante. L’écriture nabatéenne était en outre une écriture cursive formelle. La plus ancienne des inscriptions dans cette langue a été retrouvé à Petra au 1er siècle avant JC et les inscriptions les plus récentes, datant de 355 après JC ont été retrouvées en Algérie.

C’est un alphabet de 22 lettres, dont 18 ne servent qu’en tant que consonnes. Les 4 autres sont utilisées tantôt comme des consonnes, tantôt comme des voyelles, afin de faciliter la lecture. Il se lit de droite à gauche et s’écrit différemment selon la place des lettres dans le mot : lettres du milieu ou lettres finales. Dans cet alphabet on trouve également 2 types de voyelles : des courtes et des longues. Seules les voyelles longues sont notées dans l’écriture nabatéenne.

En se développant, l’écriture nabatéenne a introduit de plus en plus de notions et de constructions grammaticales arabes. Elle a fini par s’effacer au profit de ce dernier alphabet, comme on peut le voir dans les similitudes des alphabets :

33 L’alphabet Ougaritique

L’alphabet ougaritique est l’un des plus vieux et des plus historiques alphabets qui soient : il aurait existé vers l’an 1500 avant J.C. Il est né en Ougarit, une ville de la côte syrienne très portée sur le commerce. C’est là qu’ont été découvertes des tablettes textuelles intéressantes en ce qu’elles représentaient la langue locale et se présentaient sous une forme cunéiforme inconnue jusqu’alors.

La littérature ougaritique a laissé des traces sur diverses tablettes sur lesquelles il est possible de constater que les peuples d’Ougarit étaient grandement intéressés par la mythologie ainsi que par les rituels religieux. On a également retrouvé des traces de correspondances royales, de lettres et de documents juridiques et administratifs. Par ailleurs, des restes d’œuvres poétiques ont également été retrouvés en Ougarit ; elles n’ont fait que confirmer le style poétique qui transparaissait déjà dans l’explication des textes mythologiques laissés par ce peuple.

L’écriture ougaritique constitue le premier abjad complet connu. Il note donc essentiellement les consonnes. Cependant, dans l’alphabet ougaritique, les lettres ne commençaient pas par la lettre « a » mais plutôt par une autre lettre appelé coup de glotte. Par ailleurs, cette écriture comportait également des graphèmes syllabiques. Il y a également lieu de savoir que l’écriture ougaritique est composée de 30 signes ; les mots de cette écriture ne dépassaient généralement pas 4 signes. Il existait de plus un séparateur vertical qui permettait d’isoler ces mots entre eux. A son déclin, l’écriture ougaritique a cédé la place à l’écriture phénicienne qui est devenu l’ancêtre de nombreux alphabets tels que l’alphabet latin que nous utilisons aujourd’hui.

34 L’alphabet phonétique international

Aussi appelé API, cet alphabet a vocation de transcrire tous les sons de toutes les langues du monde. Pour ce faire, chaque son de chaque langue est codé par un caractère qui lui est propre et les mots de toutes les langues peuvent être transcrits son par son à l’écrit dans cet alphabet phonétique.

C’est alphabet a été créé par des professeurs de langue française et britannique en 1888. Il contient 107 lettres dont 52 signes diacritiques et 4 caractères de prosodie. La transcription phonétique des mots des différentes langues s’écrit toujours entre crochets.

L’alphabet phonétique international est souvent utilisé dans les dictionnaires bilingues pour permettre de lire les sons du mot, même si on ne sait pas encore bien lire la langue apprise, quand par exemple elle s’écrit avec un autre alphabet que sa langue maternelle.

Voici un exemple de lecture de l’alphabet phonétique international pour la langue française :

Si par exemple nous voulons lire le mot « спасибо » en russe sans connaître l’alphabet cyrillique, nous pouvons nous référer à l’API qui transcrit ce mot en [spasibo] qui signifie « merci ».

35 L’alphabet phénicien

L’alphabet phénicien a marqué un véritable tournant historique dans l’Antiquité. C’est un des plus anciens alphabets qui date de 1050 avant JC dérivant des toutes premières traces d’écritures alphabétiques : les inscriptions protosinaïtiques et protocananéennes. Dites linéaires, ce sont ces inscriptions qui pour la première fois ont instaurés le principe de l’alphabet et donc celui d’un ordre alphabétique des lettres. Il a connu un très grand succès grâce à la simplicité de sa phonétique. En effet, par rapport aux écritures préexistantes (les hiéroglyphes, l’écriture cunéiforme) l’écriture phénicienne avait le grand davantage de représenter chaque son par un seul signe : il était donc très facile à apprendre. De plus de par la culture commerciale et maritime des Phénicien, l’alphabet s’est propagé très loin dans le monde ce qui a fortement contribué à sa grande notoriété.

L’alphabet phénicien comporte 22 lettres. C’est un abjad, c’est-à-dire qu’il ne code que les consonnes. L’écriture phénicienne s’écrivait de droite à gauche. L’alphabet phénicien a inspiré de nombreux alphabets comme le grec, puis le cyrillique, l’étrusque et le latin. Il a également donné naissance aux alphabets hébreux, araméen et arabe.

36 L’alphabet runique

Aux environs du 2ème siècle, il existait un alphabet qui était utilisé par les peuples de langues germaniques : les Goths, les Scandinaves, les Frisons et les Anglo-saxons. Cet alphabet c’était l’alphabet runique qui était encore appelé futhark.

Associés à l’époque à la magie, à l’ésotérisme, à l’occultisme et à la divination, les runes sont encore considérées comme telles de nos jours. Leurs caractéristiques pouvaient d’ailleurs se deviner d’office dans leur nom puisque le terme rún veut dire « secret ». Par ailleurs, les runes seraient venues à l’esprit du dieu Odin après que celui-ci soit resté suspendu par les pieds 9 jours et 9 nuits à l’arbre sacré Yggdrasil. Aussi, le simple fait de graver les runes était un acte déjà magique en soi. L’origine des runes n’est toutefois pas vraiment connue. Certains les rattachaient ainsi à l’alphabet étrusque tandis que pour d’autres elles proviendraient plutôt de l’alphabet romain ou de l’alphabet grec.

Au fil du temps l’alphabet runique a évolué différemment selon les peuples qui l’utilisaient : chez les scandinaves on a retrouvé des milliers d’inscriptions runiques alors qu’on en dispose à peine d’une cinquantaine chez les Anglo-saxons.

Les runes étaient gravées sur divers matériaux comme le métal, la pierre, et plus souvent le bois ce qui explique que les caractères runiques étaient principalement verticaux et diagonaux : il fallait éviter la cassure du bois. 

L’écriture runique a connu son plus grand succès entre le 9ème et le 11 ème siècle.  L’alphabet comptait au départ 24 caractères, organisés en 3 groupes de 8 runes chacun, auxquels on a ajouté la rune WYRD par la suite. Il n’était pas très pratique car plusieurs sons différents étaient associés à ne même lettre.

Vers l’an 800, il y a eu ensuite une nouvelle version du futhark qui comportait 16 caractères et avait des graphies plus simplifiées. Par la suite, le futhark anglo-saxon est passé à environ 28 runes.

37 L’alphabet perso-arabe

C’est l’alphabet qui sert à transcrire et à lire le persan en Iran et en Afghanistan. Il s’agit d’une version modifiée de l’alphabet arabe. Il est utile de savoir également que la langue persane peut s’écrire avec l’alphabet cyrillique (au Tadjikistan) et l’alphabet latin.

Par ailleurs c’est seulement 150 ans après la conquête de l’empire perse que l’alphabet arabe a été adopté par les Persans. Avant cela d’autres alphabet étaient utilisés : le pehlevi et le dîndapirak, un alphabet iranien originel.

Quoiqu’il en soit, l’alphabet perso-arabe se présente comme un alphabet qui ajoute 4 lettres à l’alphabet arabe. L’ajout de ces 4 lettres était une nécessité pour représenter 4 sons persans qui n’existaient pas en alphabet arabe. Les lettres pe (پ),  tche (چ), že(ژ) et gâf (گ) sont de ce fait les lettres qui ont été rajoutées. De ce fait, l’alphabet perso-arabe compte 32 caractères principaux. 

C’est une écriture qui, comme l’arabe s’écrit de droite à gauche et ne note que les consonnes, mais qui intègre une notion de pseudo espace qui n’existe pas chez son prédécesseur.

38 L’alphabet syriaque

L’alphabet syriaque, né en 200 avant JC, provient de l’alphabet araméen et a inspiré l’alphabet arabe. C’est un alphabet consonantique qui privilégie la notation des consonnes (abjad). Cet alphabet sert en à transcrire le syriaque, une langue sémitique et il a également servi à écrire la langue araméenne et plus tard l’arabe. C’est en outre un alphabet qui se présente en 3 types : l’estrangelo, le serto presque plus utilisés de nos jours, et le madnhoyo encore utilisé pour le syriaque actuel. Il note les voyelles grâce à un système de points en haut et en bas des lettres. Cet alphabet compte 22 lettres et ne contient quasiment que des consonnes.

39 L’alphabet manuscrit de Voynich

Véritable mystère pour la cryptologie, le manuscrit de Voynich est un livre qui retranscrit un alphabet dont l’on ne connait ni l’origine ni la langue. Ce livre porte le nom de Voynich car c’est à Wilfrid M. Voynich que l’on doit sa découverte en 1912. Ce dernier l’aurait acquis à proximité de Rome, dans une communauté de Jésuites à Frascati. Le manuscrit de Voynich se présente comme un petit manuscrit haut de 23 cm et large de 15 cm. Il comporte 234 pages et est actuellement conservé à la Bibliothèque Beinecke de livres rares et manuscrits à l’université Yale, aux États-Unis. Il s’y trouve ainsi depuis 1969. Par ailleurs, écrit à l’aide d’une plume d’oie, ce manuscrit est en fait un parchemin de qualité supérieure qui a été fabriqué à partir de la peau de très jeune veau.

Le manuscrit de Voynich contient en outre différentes illustrations colorées dont de nombreuses plantes inconnues, des diagrammes d’astres, des dessins de femmes nues se baignant, etc. Des études à partir de la datation par le carbone 14 du parchemin ont permis de révéler que ce manuscrit aurait été fabriqué au 15ème siècle plus précisément entre 1404 et 1438. Par ailleurs, les analyses montrent aussi qu’il existe des espaces entre les mots et que des paragraphes sont utilisés lorsque le texte est trop long. Il n’existerait en outre pas de ponctuations dans le texte. De même, à l’étude des caractères du manuscrit de Voynich, il semblerait que ce dernier renferme entre 20 et 30 signes.

Si le manuscrit de Voynich est si célèbre aujourd’hui, c’est parce qu’à ce jour, il demeure un véritable mystère. Il a ainsi inspiré de nombreuses œuvres de fiction tels que le film « Indiana Jones et la dernière croisade ou le livre « le roman de Nostradamus ». Certains se demandent même si ce manuscrit ne constituerait pas en fait un gigantesque canular. Quoiqu’il en soit, l’écriture qui y est inscrite semble expressément écrite de gauche à droite. Il semblerait aussi que le scribe qui en était l’auteur comprenait exactement ce qu’il écrivait ; le tracé des lettres était en effet très fluide. Par ailleurs, le manuscrit semble découpé en 6 sections (herbier, astronomie, biologie, cosmologie, pharmacologie, recettes). A ce jour, sa véritable nature demeure inconnue. Toutefois, à en croire les illustrations qu’il contient, il semble qu’une fois déchiffré, le manuscrit de Voynich ne pourrait dévoiler que des choses intéressantes.

40 L’alphabet tifinagh

L’alphabet tifinagh est un alphabet né vers le 3ème siècle avant JC qui sert à écrire les langues Amazighe, une famille de langues parlées par les Berbères, c’est-à-dire entre 16 et 30 millions de personnes au Maroc, en Algérie, en Lybie, au Mali, au Niger, …

L’alphabet tifinagh a été créé par Anigouran. Ayant quelque peu disparu depuis l’antiquité, il a fait l’objet d’une réintroduction par les militants kabyles de l’académie berbère au début du 20ème siècle. Cet alphabet existe sous diverses formes que sont : le libyque, le tifinagh saharien, le tifinagh touarègue et le néotifinagh tel qu’il se présente aujourd’hui au Maroc.

41 L’écriture Pehlevi

Inscription sassanide dans la partie gauche de la seconde grotte de Taq-e Bostan

L’écriture pehlevi est une écriture, généralisée vers 224, qui servait à transcrire diverses langues du Moyen-persan. C’est une écriture qui découle de l’alphabet araméen. Les premières inscriptions pehlevi connues ont été retrouvées sur des graffitis découverts à Persépolis.

Il existe deux types d’écrits concernant l’écriture pehlevi.

La première consistait en des inscriptions qui provenaient principalement de la bourgeoisie sassanide (empereurs, notables, grands prêtres…). La seconde était écrite dans des livres.

Un peu plus cursive que la pehlevi des inscriptions, la pehlevi des livres renfermait plusieurs ligatures complexes.

Par ailleurs, il y a lieu de savoir que le pehlevi s’écrivait de droite à gauche. C’est une écriture typiquement abjad qui ne marque que les voyelles longues avec matres lectionis (des aides à la lecture, par le « détournement » de quelques consonnes). Ce n’est pas une écriture très phonétique puisqu’elle comptait seulement 12 caractères pour écrire 24 sons. Le pehlevi était une langue difficile à lire et à comprendre.

42 L’alphasyllabaire thaï

L’alphasyllabaire thaï est un alphasyllabaire qui est apparu vers le 13ème siècle et qui est encore utilisé aujourd’hui. On ne peut pas dire qu’il s’agisse d’un véritable alphabet. Il comporte énormément de lettres : 44 consonnes et 4 signes de consonnes-voyelles combinées ainsi que des voyelles qui renvoient à de nombreux sons.

Dans la syllabe, les voyelles peuvent s’écrire aussi bien en haut et en bas qu’avant et après leur consonne. Certaines d’entre elles peuvent mêmes ne pas s’écrire. Ces voyelles incluent en outre des diphtongues. Par ailleurs, l’écriture Thaï est une écriture dans laquelle les diacritiques sont utilisées.  Ces dernières permettent de corriger les indications de tons des classes de consonnes ; elles servent aussi à intégrer les mots étrangers qui seraient sans cela difficiles à transcrire. L’alphasyllabaire thaï est en outre un alphasyllabaire dont l’écriture va de gauche à droite. Il ne comporte pas de séparation entre les mots.

Sources :

Images : https://www.pinterest.fr/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alphabet_cyrillique#:~:text=serbe%20(voir%20Alphabet%20cyrillique%20serbe,vieux%2Dslave%2C%20langue%20%C3%A9teinte

  • Housna
    7 août 2020 at 0 h 14 min

    Merci beaucoup Ingrid, c’est super magnifique !
    Bonne soirée, bisous !

    Reply
  • Amir
    30 mars 2021 at 17 h 37 min

    My mother tongue is persian, So I learned Ugaritic, Different types of pahlavies, Avestic, Arabic, Cyrillic and Latin to be able to read all persian texts

    Reply
    • Coliglote
      31 mars 2021 at 12 h 19 min

      Wouahou … bravo !

      Reply

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